Le STRESS du DIRIGEANT

Une réalité méconnue !

 

Les raisons du stress du chef d'entreprise

L’observatoire Amarok a interrogé tous les mois pendant plus d’un an près de 357 dirigeants de PME.  Les résultats obtenus permettent d’établir des informations précises.

Le dépôt de bilan est de loin le stresseur le plus intense émotionnellement. Déposer le bilan signifie non seulement la perte de son emploi et de son capital, mais aussi, parfois, l’échec de toute une vie. Le stresseur le plus communément vécu chez le dirigeant est
la surcharge de travail. Celle-ci, quand elle est permanente, est néfaste à terme pour la santé. Cependant, ce sont parfois les dirigeants qui s’imposent cette surcharge.

Les problèmes de trésorerie, la baisse d’activité et les mauvais résultats constituent la spirale infernale des stresseurs. Le manque de reconnaissance sociale, pourtant largement évoqué dans les milieux patronaux, est celui ressenti comme le moins intense. Les chefs
d’entreprise se résigneraient-ils ainsi à la mauvaise image du patron ? Rappelons toutefois que la reconnaissance sociale ne figure pas parmi les principales motivations de ceux qui souhaitent créer une entreprise.

La diversité opérationnelle de la gestion d’une PME contribue largement au stress du dirigeant : la clientèle et les concurrents (pression du marché), les salariés (pression du personnel), les autorités (pression de l’environnement), sans oublier les pressions de nature financière. Notons qu’un stresseur apparaît un peu orphelin dans cette imposante classe : les problèmes de santé du dirigeant.
Il mérite de faire l’objet d’une forte attention, car la santé d’une PME est étroitement liée à celle de son dirigeant.

 


Olivier Torres : "La vie c'est lâcher" par lentreprise-videos

 

Les signaux psychiques du stress


Le stress se manifeste par de nombreux signaux qu’il convient de repérer afin de mettre en place des stratégies pour le contrer.

• Agressivité, irritabilité, intolérance à l’égard d’autres personnes
• Fuite des confrontations, difficultés à prendre des décisions
• Anxiété, crises de panique
• Pensées ruminantes, négatives
• Baisse du goût pour le travail
• Difficultés de concentration, perte d’efficacité
• Problèmes de mémoire et de concentration
• Perte de créativité
• Cauchemars chroniques
• Sentiment d’isolement
• Retrait de la vie sociale et des amis
• Dépression

Le stress n’est pas que négatif !

Il recouvre deux situations différentes : le bon et le mauvais stress.

Bon stress : c’est tout ce qui fait plaisir, tout ce qu’on accepte de faire en harmonie avec soi : la joie, la réussite, l’amour…
Autant de stimulants, source de bonheur, d’équilibre.

 

Mauvais stress : c’est tout ce qui déplaît, tout ce que l’on fait en contradiction avec soimême : la tristesse, la peine, l’échec... Autant de sources de déséquilibre, de maladies.

 



Niveau optimal et capacité d’absorption du stress

Nous ne sommes pas tous égaux face au stress, tout dépend de notre capacité d’absorption et de dépassement. Nous avons chacun notre propre niveau optimal de stress, qui est le niveau nécessaire pour se sentir en équilibre. Au-dessous du seuil optimal, l’organisme est sous-stimulé, peu sollicité physiquement et psychologiquement.

C’est une mise au repos nocive qui se traduit par l’ennui et la fatigue. L’inactivité exagérée, le repos complet ne sont pas recommandés, et c’est une erreur de contraindre un homme naturellement actif au repos ou à une activité qui ne correspond
pas à son rythme biologique.  À l’inverse, au-dessus du niveau optimal, l’organisme est surstimulé, surmené, trop sollicité, ce qui provoque alors des troubles métaboliques et organiques.

 

Les trois étapes du stress

Phase d’alarme
La réaction d’alarme est la première phase du processus de stress face à l’agression, au cours de laquelle apparaissent les premières manifestations : respiration courte et accélérée, augmentation des battements cardiaques, augmentation de la tension artérielle, boule à la gorge ou à l’estomac, anxiété... Ces réactions sont provoquées par la libération d’hormones, dont la fonction est de préparer le corps à une action rapide.


Phase d’adaptation : résistance de l’organisme
Lorsque l’agression se prolonge, la réaction d’adaptation provoque la mise en place d’un processus de résistance. D’autres hormones sont sécrétées, permettant une augmentation du taux de la glycémie nécessaire à l’organisme, au coeur, au cerveau et aux muscles. Au cours de cette phase, les personnes adoptent des conduites différentes : certains se préparent à affronter le stress, d’autres continuent à vivre comme s’il n’existait pas en faisant la politique de l’autruche ou alors évitent les situations pouvant le provoquer.


Phase d’épuisement ou « burn-out »
L’organisme, débordé et sollicité en permanence par la situation de stress qui se prolonge et s’intensifie, ne réussit plus à mobiliser ses ressources. Il craque, ne réussissant plus à faire face à toutes ces agressions. Les réserves psychiques et biologiques sont épuisées. C’est au cours de cette phase que peuvent apparaître certaines pathologies obligeant l’arrêt de l’activité.


La théorie du professeur Henri Laborit

À l’origine, l’être humain est constitué pour faire face au danger, ses deux principales réactions de défense sont la fuite ou la lutte.
La fuite ou la lutte peuvent avoir des effets positifs : changer d’environnement ou éliminer la source de l’agression et du stress. Mais dès lors qu’un individu se trouve enfermé, coincé dans une situation sans issue et qu’il ne peut réagir par la fuite ni l’attaque, il se retrouve dans l’inhibition de l’action. Celle-ci provoque alors des symptômes plus ou moins importants.

 

L’être humain est fait pour l’action.

 

Conseils et techniques antistress... et pour développer une « positive attitude » !

Les facteurs de stress sont nombreux, et comme il est difficile d'y échapper, autant apprendre à les gérer !

 

Pratiquez une activité physique en dehors du chantier ou de l’atelier...

L’exercice physique est un véritable antistress qui permet au corps de décharger les hormones sécrétées. De plus, les endorphines produites à l’effort pour aider l’organisme à assumer les douleurs apportent une sensation de plénitude. Les bénéfices de la libération
d’endorphines dans l’organisme se font sentir après 30 à 40 minutes d’activité.

Choisissez les activités qui vous conviennent. Diversifiez vos pratiques sportives afin de ne jamais vous ennuyer, mais aussi pour solliciter l’ensemble de votre organisme. Modérez votre entraînement. Optez pour deux entraînements par semaine de 30 minutes à
une heure, à une intensité correspondant à un léger essoufflement.

 

Fixez les frontières entre le personnel et le professionnel

L’entreprise empiète souvent sur la vie personnelle du créateur ou du dirigeant d’entreprise. N’hésitez pas à fixer une frontière entre vos horaires de travail (où vous êtes joignable) et le temps que vous vous consacrez. Prévenez vos interlocuteurs afin qu’ils ne vous contactent qu’en cas d’absolue nécessité. À défaut, vous pourriez vous créer des problèmes personnels liés à votre vie professionnelle.

N’oubliez pas que vous n’êtes pas une machine et que vous avez besoin de repos et de temps personnel pour vous garantir un équilibre et une efficacité optimale.

 

Entretenez votre réseau relationnel

Les scientifiques découvrent chaque jour un peu plus les avantages et les bienfaits des bonnes relations sur notre santé morale, physique et émotionnelle.

Voici quelques exemples de ce que cela nous apporte :
–– accroît les sensations d’appartenance et affirme notre raison d’existence ;
–– anime notre tendance au bonheur et élimine le stress ;
–– augmente l’estime de soi ;
–– abaisse les menaces de problèmes graves de santé psychique ;
–– aide à dépasser les blessures et autres événements imprévisibles de la vie.

 

Regardez le verre à moitié plein

Vous avez le choix de :
–– regarder le verre à moitié vide, c’est-à-dire les difficultés, les mauvaises nouvelles, bref les choses négatives, et il y a de fortes chances pour que les jours qui viennent soient pénibles ;

–– ou de le regarder à moitié plein, vous portez une attention plus soutenue sur le bon, le bien et le beau. Il y a alors de fortes chances pour que cette période se transforme positivement.

Faites de chaque jour qui passe une occasion de voir des opportunités et de l’espoir, là où les autres ne verront que des impasses. En orientant ainsi votre attention, vous allez générer en vous une belle énergie positive.

Tout ce sur quoi nous portons notre attention grandit Vous êtes amené à gérer une succession de problèmes qui vous stressent...
Essayez de vous recentrer sur les événements positifs de votre activité. Par exemple, une réunion de travail fructueuse, un collaborateur enthousiaste, la signature d’un nouveau contrat…

Sans tomber dans l’angélisme ou le déni, cette attitude plus détendue contribuera à votre bien-être, mais également à celui de votre équipe. En véhiculant des valeurs positives, vous instaurerez un climat apaisé dans l’entreprise. Même si vous traversez une période difficile, posez-vous les questions « Que dois-je apprendre de cette situation ? », « Quel bénéfice puis-je en retirer ? ».

Cherchez, vous trouverez ...

 

Quatre clés pour diminuer votre stress

1. Acceptez le changement
Le changement fait partie de la vie, lui résister ne nous conduira qu’à plus de stress. La vie n’est pas un long fleuve tranquille. Alors plutôt que d’aller contre, acceptez le et adaptez-vous, c’est le moyen le plus efficace de vivre heureux. Nous ne pouvons pas tout contrôler. « Que la force me soit donnée d’accepter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être, mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre. » Marc Aurèle

2. Acceptez d’être imparfait
La perfection n’existe pas en ce monde, et c’est tant mieux. À vouloir être perfectionniste, vous vous mettez la pression et vous prenez le risque d’être en permanence insatisfait et stressé. Après quoi courons-nous ? Renvoyer une image parfaite ou être soi-même, avec toutes nos aspérités ? Autorisons-nous à être des êtres humains « imparfaits et heureux ».

3. Arrêtez de culpabiliser
« Tu aurais dû », « tu aurais pu », « je dois », « il faut »… Vous vous sentez parfois sous l’emprise de votre « juge intérieur », qui vous reproche ce que vous avez fait ou n’avez pas fait. Apprenez à respecter vos besoins profonds et à lâcher cette culpabilité stressante.

4. Stoppez les ruminations

Ruminer, c’est se focaliser, de manière répétée, circulaire, stérile, sur les causes, les significations et les conséquences de nos problèmes, de notre situation, de notre état. Quand on rumine, on croit réfléchir, mais en réalité, on ne fait que s’embourber et
s’abîmer. Notre esprit est très actif, nos pensées ne cessent de nous solliciter sans que nous en ayons conscience, nous sommes en pilotage automatique. Nous avons en moyenne 60 000 pensées par jour, 95 % de celles-ci sont identiques à celles de la veille et, pour terminer ce tableau, 80 % d’entre elles sont négatives. De quoi être déprimé si nous n’y prenons pas garde !


Face à une pensée stressante ou anxiogène, posez-vous les questions suivantes :
• Est-ce sûr ?
• Est-ce grave ?
• Si oui, que puis-je faire d’utile et d’adapté ?

Et si vous ne pouvez rien faire, méditez la phrase du dalaï-lama : « Face à un problème, si tu peux faire quelque chose, il est inutile de t’inquiéter, si tu ne peux rien faire, il n’est pas utile de t’inquiéter. »